erreur pédagogique

Les 5 erreurs pédagogiques à éviter en entrainement

Séances d’Entrainement de basket : tenir ses objectifs

Nous n’y prêtons pas toujours attention, elle arrive sans qu’on s’en aperçoive voire se répète; c’est l’erreur pédagogique. Nous pensons bien faire et en fait nous inscrivons dans l’esprit des enfants le doute, l’incompréhension, l’échec voire l’injustice. Voici la liste des 5 erreurs les plus fréquentes que nous avons tous faites, et comment nous aurions pu les éviter.

Sur le même thème :

5 formes d'entrainements

5 formes d’entrainement pour casser la routine

Formes d'entrainements, limites Concevoir ses séances peut parfois être un casse tête. Quelles formes d'entrainement dois-je utiliser ? Nous avons nos zones de confort et rapidement chacun pose sa patte…

Erreur N°1 : La sanction dans les tribunes.

L’enfant a eu un comportement inadéquat en étant irrespectueux, violent ou non respectueux des consignes malgré plusieurs interventions de votre part. Le curseur patiente est rendu trop loin et vous décider d’envoyer le jeune dans les tribunes. L’erreur n’est pas de prendre cette décision. Vous souhaitez marquer le coup, lui faire comprendre qu’il va trop loin et c’est une méthode comme une autre. Par contre vous omettez deux choses essentielles :

– Comprend-t-il la sanction ?

– Quel bénéfice va-t’il en tirer pour la suite ?

Dans ce genre de moment vous êtes dans la séance et vous en oubliez de lui préciser le pourquoi. De la même manière la séance continue et de longues minutes s’écoulent avant de vous souvenir de lui et de le réintégrer. C’est alors que les conséquences peuvent être négatives. En premier lieu dans votre contact avec les parents puisque l’enfant va vraisemblablement l’évoquer (avant on s’en cachait plutôt …). Ensuite avec l’enfant car il va rester sur cette punition en l’ayant en tête lors de la séance suivant.

Comment éviter cela ?

Idéalement ne pas avoir à l’envoyer dans les tribunes est mieux. Mais trois méthodes peuvent être employées simultanément pour marquer le coup sans enclencher de problématiques futures.

  • La première chose à faire est de le sanctionner en restant calme dans le niveau sonore de la voix et dans l’intonation. Le calme apaise 😉
  • Ensuite il faut l’obliger à répondre à la question suivante : Sais-tu pourquoi je t’envoie dans les tribunes ? Si il ne sait pas : lui expliquer. Si il sait alors il matérialise lui même son comportement déviant. 
  • Enfin en dernier lieu vous lui donner la main en lui disant : « Tu reviens quand tu veux dans la séance, c’est toi qui décide. Mais si tu reviens c’est que le comportement qui t’a amené à cette sanction disparait ». Ainsi plus de souci si l’enfant ne revient pas car c’est LUI qui l’aura décidé et donc facile ensuite d’expliquer aux parents qu’il a fait LUI le choix de ne pas réintégrer la séance (et donc qu’il n’était pas prêt à changer l’attitude qui a amener la sanction).

Erreur N°2 : Prendre inconsciemment parti

La deuxième erreur survient lors d’un conflit entre deux enfants qui a eu lieu sans que vous le voyiez ou ne vous en rendiez compte. C’est alors qu’un des deux enfants vient vers vous en pleurant et en disant : « Armand m’a tapé ». Le réflexe peut alors être d’appeler Armand et le reprendre devant l’autre enfant en ne parlant que du geste en lui même. En faisant cela vous faites deux erreurs : 

– Pourquoi a-t-il tapé son coéquipier ?

– Et si ce n’était pas lui le fautif ou le fautif premier ?

Auquel cas vous vous exposez au risque de créer un sentiment d’injustice. Or c’est le sentiment ultime auquel les enfants sont le plus sensible et qui peut amener énormément de mal psychologiquement et dans votre relation avec eux.

Comment éviter cela ?

Lors de ce genre de souci je démarre toujours par discuter avec le « plaignant » avant même d’appeler l’autre enfant. Et souvent vous serez surpris. La prochaine fois démarrez en posant la question : que s’est-il passé avant pour qu’il te tape ? Et vous serez parfois surpris. Ensuite selon la réponse appelez  (OU NON) le « fautif ». Ne vous adressez pas à lui comme si il était le fautif mais en abordant la question : Qu’a fait ton camarade pour que tu le tapes ? La encore l’axe de discussion varie légèrement mais vous montrez que vous ne prenez pas parti n’ayant pas vu l’action. Ensuite concluez selon vos convictions et vos règles. La plupart du temps il n’y aura pas besoin de sanctionner qui que ce soit.

Erreur pédagogique : enfant en pleur

Erreur N°3 : Ne pas « récupérer » l’enfant

Cette erreur la est TRES facilement gommable. Si vous respectez la petite règle suivante, les relations avec vos joueurs et joueuses resteront saines en permanence. Elle est très simple, c’est la règle du « je ne laisse jamais partir un joueur de la salle en conflit avec moi ». Cela nous arrive de reprendre un peu durement un joueur ou de le secouer un peu pour augmenter son investissement ou limiter un comportement non approprié. Or nous ne savons pas comment le joueur prend nos interventions (qui pour nous ne remette pas en cause l’affection qu’on peut avoir envers lui). Dés lors il faut toujours supposer que l’enfant a mal pris notre remarque. Ainsi on s’assure de le récupérer. Pour cela c’est simple, retourner le voir pendant la séance et lui glisser un encouragement, le taquiner, faire une pointe d’humour avec lui 10mn plus tard etc…. Cela permettra de relâcher la tension et de maintenir le dialogue et une relation saine.

Erreur N°4 : Leur donner des occasions de se disperser

Lorsque qu’un groupe est plus difficile à « tenir » en terme de discipline cela peut être lié à beaucoup de paramètres. Il peut y avoir la dynamique de groupe, l’énervement globale, la fatigue et donc la déconcentration etc. Lorsque le terrain est propice à la déconcentration et au dispersement, chaque moment de flottement dans la séance (pause boisson, préparation de l’exo suivant, moment d’explication) décuple ce problème. il existe des méthodes simple pour limiter les occasions de dispersion :

  • Ne pas mettre trop de situations d’exercices différentes, mais privilégier un exercice que l’on fera évoluer (et donc pas besoin de le ré-expliquer ou très peu)
  • Limiter drastiquement les moments d’arrêt et d’explications. Vous devez lancer l’exercice ou le jeu très vite, quitte à ce qu’il soit mal exécuté sur les premières minutes. Cela n’a pas d’importance car la priorité est de les mettre dans l’action. Vous serez alors plus efficace ensuite pour leur dire ce qui ne va pas dans la réalisation de l’exercice.
  • Séparer les éléments d’extrême affinités lors des rassemblements. Vous savez, les 2 copains qui parlent TOUT LE TEMPS quand vous expliquez un exercice 😉

Erreur N°5 : Laisser échapper un mot …

C’est l’erreur la plus traitre. Pourquoi ? Parce que la plupart du temps, soit nous ne nous en rendons pas compte, soit notre intervention nous semble anodine. Mais pourtant elle peut marquer un enfant.

Je vais donner l’exemple suivant. Une action est très mal exécutée plusieurs fois de suite par un joueur ou le groupe. Et la vous sortez un «  Stop ! C’est nul, vraiment nul » Sur le moment vous ne faites pas attention à ce mot la. Mais l’enfant peut très bien l’interpréter comme « Moi je suis nul » et alors cela n’a pas la même signification. Parfois je dis cette phrase. Mais les rares fois ou je la sors directement après je précise à l’enfant la chose suivante : « Attention, c’est ton action qui est nulle, pas toi, toi tu es super génial ne change pas ! » Et par cette phrase j’éclairci mon propos. En effet je dissocie la personne de l’action. Je vous conseille bien entendu idéalement  de trouver une autre méthodologie d’expression, mais nous sommes humains et ce genre de chose peut arriver.


Voila pour moi les cinq erreurs que nous commettons ou que nous avons tous commises. Gommez les et vous verrez que bon nombre d’incompréhension et de non dit disparaitrons. Cela aura pour effet d’amener de la confiance et de la servilité dans votre relation à vos joueurs.

Pour aller plus loin :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *