Enseignant : Le bon et le mauvais enseignant …

Basket methode d’entrainement : Quelles pistes pour enseigner ?

Enseignant c’est un métier et pour le moins pas simple. Il y a une part d’innée évidente mais également des notions à apprendre, concevoir et s’approprier. Dans la lignée de cette partie du site qui concerne le rapport à nos joueurs je vous propose un moment de réflexion. Est-ce qu’il existe des mauvais et des bons enseignants ? Oui ! En ont ils conscience ? Rien n’est moins sur. Nous pensons parfois être pertinent mais faisons fausse route sans nous en rendre compte.

La clef de l’enseignant c’est d’abord et avant tout de douter. Car douter c’est se questionner, et se questionner c’est progresser. Place à Monsieur Daniel Coyle et une synthèse de son article qui je trouve porte une réflexion fort intéressante.

Enseignants : Sommes nous bons ?

Pour simplifier et aller droit au but : « un mauvais enseignant est facile à repérer : les apprenants ne progressent pas et ne sont pas connectés entre eux. Un bon enseignant est tout aussi facilement repérable : les apprenants progressent rapidement et sont connectés entre eux ». C’est la vision globale de Daniel Coyle.

Je me permettrais de rajouter qu’un bon enseignant a pour objectif final de :

  • Faire en sorte que les apprenants n’aient plus besoin de lui….le plus rapidement possible
  • Travailler pour qu’en apprenant ils trouvent leurs propres identités (de joueur pour nous)
  • Transmettre à d’autres enseignants des joueurs en capacité de s’adapter immédiatement

« Mais le plus difficile à repérer et qui est particulièrement néfaste est le pseudo-enseignant. Il ressemble à un bon enseignant mais en fait c’est un mirage. Ce terme a été inventé par l’enseignant et blogueur Franck Noschese. Ce que je préfère chez lui c’est son degrés d’ouverture et comment il révèle que nous sommes parfois tous des pseudo enseignants. »

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Enseignant : Introduction de l’article

« Vous pratiquez le pseudo enseignement lorsque vous vous rendez compte après une séance censée être bonne pour l’enseigné, que cette séance elle-même était viciée et impliquait un apprentissage limité. »

« Il y a quelques années j’ai donné des cours de rédaction et également d’entrainement. Dans les deux cas j’ai fait la même erreur. Je pensais qu’enseigner et bien parler étaient synonymes. Je n’étais pas relié aux individus mais je parlais au groupe. J’ai enseigné comme si c’était un concours d’éloquence. Plus j’étais convainquant plus je pensais être bon. Je ne savais pas que l’enseignement est une question d’interaction et pas seulement d’action. Je ne savais pas non plus qu’un bon enseignement se joue dans  l’espace entre l’enseignant et l’apprenant. »

« Ayant pris conscience de cela je vous propose un petit guide des différences entre un pseudo enseignant (PE) et un vrai enseignant (VE).

Enseignant : Les différences entre le pseudo et vrai

« Un PE (Pseudo-Enseignant) donne de longues, inspirantes et divertissantes conférences. Un VE (vrai enseignant) délivre lui de courtes, intenses sessions axées sur l’apprenant. » Ici on reprend l’idée globale importante dans la formation qui est le temps de pratique. Des coupures longues pénalisent la compréhension, la réalisation, le centrage du sujet sur eux.

« Un PE est éloquent et très expansif, le VE est concis et centré sur son sujet« . Il est important lorsqu’on s’exprime de ne pas s’entendre parler……mais d’entendre les autres écouter. Est ce que je les atteints ? Est ce qu’ils comprennent ?

« Un PE s’adresse au groupe, le VE se connecte à des individus » / « Un PE traite tout le monde également, un VE adapte son discours à l’individu. » Remarque très intéressante ou le fond de la pensée est de dire qu’il est important, même si on s’adresse à un groupe, de se focaliser sur chacun. Ensuite est ce que j’ai besoin d’individualiser ? Comment ? Est ce que certains n’ont pas compris ?

« PE ne se concentre pas sur les détails, chez le VE tout est dans le détail« . UNE CLE !! ESSENTIELLE : Ne pas savoir ou on va, pourquoi on fait les choses, en se disant que de toute façon cela va marcher car on s’entraine..

« Un PE parle plus qu’il n’écoute ou observe. Le VE regarde et écoute prioritairement« . C’est probablement le plus difficile pour nous. Avoir la sensation que si nous n’intervenons pas, la transmission ne se fera pas. A méditer sur les fréquences aussi de nos messages. A trop répéter….on se lasse non ?

Enseignant : Etre ou ne paraitre

« Un PE est très charismatique, le VE est tranquillement magnétique« . Vous la voyez la différence ? Entre le mec imposant qui parle fort et ou l’on dit….wow il a du charisme….c’est certainement à ne pas confondre avec la crainte. Un Enseignant n’a pas pour vocation d’être un gourou.

« Un PE est comme Robin Williams dans le cercle des poètes disparus. Le VE est comme John Wooden qui expliquait à ses joueurs comment bien mettre ses chaussettes (en évitant les plis pour les cloques)« . Etonnant non ? Nous avons pourtant tous en tête cet enseignant qui nous semble formidable dans le film. Pourquoi Daniel ici nous le présente comme un mauvais enseignant ? Nous en discuterons précisément au live.

« Un PE évite les questions des apprenants, le RT s’en inspire« . Une phrase tellement vraie !!! N’ayez pas peur des questions, provoquez les et servez vous en pour comprendre, les comprendre.

« Un PE offre toujours le même discours, le VE personnalise celui-ci selon son public. » C’est l’une des remarques qui est très parlante concernant la pédagogie. Suis je capable de m’adapter ? Si jamais le groupe me surprend quelle est ma réaction ?

2 Commentaires

  1. Benjamin Garreau

    Bonjour Bertrand, merci tout d’abord d’avoir fait part de ton point de vue. Je tiens juste à préciser que ce n’est pas mon article mais la reprise littérale d’un article de Daniel Coyle. Concernant son point de vue sur le professeur du cercle des poêtes disparus il porte effectivement à échange. Il ne précise pas dans son article pourquoi il le cite en PE. Peut être estime-t-il qu’il va trop loin dans sa relation aux étudiants en terme de distance ? Mais je ne voudrais surtout pas parler pour lui.
    Mon avis est le suivant sur cette notion. Je ne pense pas non plus que tout les PE le sont sciemment. L’idée intéressante est aussi celle de se dire que peut être nous le sommes aussi parfois par séquence sans nous en rendre compte (temps de parole trop long, intellectualisation trop forte par rapport au public concerné…) et surtout avec aucune arrière pensée égocentrique.

    Merci à toi, d’autres réactions ?

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  2. Bertrand Carbonneaux

    Bonjour !

    J’apprécie votre article qui jette un pavé dans la mare. cela fait longtemps que j’en parle car j’ai remarqué effectivement que nous sommes entourés de pseudo-enseignants. Quand on est vraiment pédagogue, on sort inévitablement du lot ! J’ai une élève qui m’a surnommé un jour « Le faiseur de miracles ». En fait de miracles, mes élèves reprennent confiance en eux et progressent tout en se faisant plaisir.

    J’ai moi-même eu plusieurs pseudo-profs de musique qui se contentaient de jouer sans rien transmettre ou si peu… C’est ce que j’appelle de la « masturbation intellectuelle » : ils ont l’impression d’avoir un public et se sentent valorisés d’avoir de l’attention. Certains même se disent que, s’ils livraient tout ce qu’ils savaient, leurs élèves progresseraient trop vite et n’auraient plus besoin d’eux : en survolant les notions, en restant sur l’essentiel et en évitant d’aller au fond des choses, ils se disent que leurs élèves leur paieront d’autres cours pour tenter d’en savoir plus. Mais c’est bien évidemment l’inverse qui se produit : les élèves se découragent, se sentent frustrés et finissent par abandonner !

    Par contre, dans votre article, je ne suis pas d’accord quand vous qualifiez le prof du Cercle des Poètes Disparus de PE : au contraire, il inculque des valeurs à ses élèves et leur donne la possibilité de sortir ce qu’ils ont au fond d’eux d’une part et de prendre du recul d’autre part. Un élève m’a dit récemment : « Merci pour tout, vous m’avez beaucoup apporté ». Je suis convaincu qu’un véritable enseignant ne doit pas se contenter d’expliquer et de faire comprendre, mais doit faire en sorte que son élève se sente mieux, fier de ses résultats et que sa vie soit transformée. Les enseignants dont je parle encore aujourd’hui sont ceux qui ont dépassé le stade traditionnel du cours et m’ont enseigné des valeurs et une philosophie qui ont transformé ma vie.

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