Langage oral : les bons mots pour gagner du temps

Basket methode d’entrainement : Quelles pistes pour enseigner ?

Le langage adapté, vous le savez c’est un cheval de bataille omniprésent dans mon blog. Comment faire en sorte de se faire comprendre ? Pourquoi est-ce-que parfois je parle cela marche directement, et d’autres fois non ? Il n’y a pas de vérités car la manière de s’exprimer va être propre à vous, à votre individualité, vos qualités (ou non d’orateur) et même à votre vécu.

Mais il est une vérité importante à comprendre c’est que plus vous allez vous approchez de la compréhension des cerveaux des petits plus vous gagnerez du temps. Pourquoi passer 2 mois à transmettre une intention qu’on peut faire passer en 2 minutes ?

Langage adapté : Qu’est ce qu’un enfant ?

Question qui semble anodine et pourtant. Vous ne le savez peut être pas mais un enfant voyage beaucoup. Il aime l’imaginaire et ce n’est pas pour rien que des choses se transmettent par des histoires, des contes etc. Ce mode de fonctionnement basé sur la représentation mentale des choses leur est très spécifique. Mais non content de se les représenter ils le font notamment par le jeu et l’imagination

Vous savez très bien pour ceux qui pratiquent dans le Baby basket notamment qu’on organise souvent les choses par des moments d’histoire. Cependant nous le faisons pour capter leur attention et développer leur capacités, plus que pour leur apprendre réellement des choses « techniques ». Or il est des étapes où l’enfant doit intégrer certaines notions « basket ».

Et nous adultes ? Pourquoi on ne peut pas les atteindre avec nos mots ?

Toute la difficulté est la ! La plupart des coachs ont des envies sincères de transmission de savoir. La question n’est donc pas sur les intentions. Ils essaient dans leur consignes, leur approche d’être au plus près de :

  • Leurs convictions
  • La réalité du terrain
  • La manière dont on leur a expliqué « comment expliquer »

Et donc la méthodologie frappe de plein fouet les enfants. Certains, peu, vont comprendre de suite. Les autres vous ne les atteindrez soit pas…..soit en vous épuisant. La raison en est très simple c’est que vous avez en vous tout ce qui vous a construit. Votre expérience est différente et dans votre tête c’est clair c’est simple c’est facile.

Or remettre ceci avec le même langage dans des explications auprès des enfants est voué à l’échec si il n’y a pas de transformation. Ils ne peuvent comprendre vite car les clefs que sont votre vécu et votre ressenti….ils ne les ont pas eux.

Langage : Comment faire alors ?

C’est simple et exactement compliqué en même temps. Tout le monde n’est pas capable de transformer son discours d’adules en langage enfant. Cela s’appelle la pédagogie, l’empathie, l’accessibilité, l’intuition….. Cela demande également beaucoup de réflexion. Rare sont les entraineurs dont l’idée pour transmettre vient directe sans y penser.

Vous avez plusieurs options mais l’objectif final est toujours le même : toucher le plus d’enfants possible et le plus rapidement pour pouvoir enclencher la mise en place concrète.

La première option c’est de trouver des astuces dans leurs univers. Pour cela (et oui !) il faut savoir ce qui les intéressent….et s’y intéresser ! Sortez les dessins animés du moment, collectionner les cartes comme eux, faites comme eux, devenez eux. Souvent mes idées viennent de la. Avoir des enfants est un atout pour cela. Maintenant je ne vous dirais pas de faire exprès des enfants pour trouver des astuces

L’autre possibilité c’est de réfléchir à trouver des éléments de comparaison non pas dans des univers imaginaire mais dans le concret qui leur parle. On peut citer le fameux arc en ciel pour le tir ou le rond point pour l’accès à la raquette par exemple. C’est plus simple mais la encore il faut se creuser les méninges.

Une réflexion non exhaustive

Toute cette réflexion pourra paraître enfantine mais c’est bien le but : répondre au public qui nous concerne ici. Ces petites astuces ne marchent bien évidemment pas systématiquement, à vous d’en trouver, d’en garder ou de les éliminer. Personnellement je me cantonne à celles que j’utilise souvent et qui marchent (par expérience) très très bien avec la majorité des enfants

L’idée n’est pas non plus de vous expliquer comment apprendre à dribbler main droite, main gauche ou savoir transférer un ballon, tirer à une main ou encore utiliser la passe. Ceci est plutôt bien connu et il existe nombre important d’articles sur les fondamentaux. Il faut voir ma démarche comme un moyen premier de gagner du temps et de faciliter et d’accélérer l’apprentissage des bases. Mais il est complémentaire aux précisions techniques (qui doivent aussi se dire!!!!) par un langage approprié.

Langage adapté : L’exemple du tir

Je vais me concentrer sur le tir qui me semble le plus compliqué à maîtriser pour l’enfant. Je vous présenterai l’article sur la base suivante :

  • Problème couramment constaté
  • Langage et explication habituelle utilisée
  • Langage et explication complémentaire proposée.

1- Main directrice qui part à l’opposé :

Ce défaut majeur que l’on voit souvent se repère sur les enfants dont le corps se retrouve de profil par apport à l’axe du panier,

  • Langage classique : « Arrête d’envoyer ta main droite à gauche » « Garde ta main droite à droite »
  • Langage complémentaire : 9 fois sur 10 le problème ne vient pas de la main mais d’une poussée dans les jambes inégale. Se concentrer donc sur le fait de pousser sur les deux jambes en même temps. Puis ensuite demander de rester droit en direction du panier. Ne pas hésiter à le faire sauter sur place sans ballon 2 ou 3 fois face à vous en envoyant les bras en l’air et de lui faire constater qu’il sait sauter sur ses deux jambes et maintenir ses bras dans l’axe.

2- Intervention de la main opposée (tir à deux mains)

L’enfant veut tirer à une main mais la deuxième main glisse invariablement sous le ballon et l’enfant vous dit : « j’y arrive pas »

  • Langage classique : On a souvent tendance à dire « ne tire qu’à une main » « que ta main droite » et donc a matérialiser et accentuer le problème sur la main qui ne gène pas !!
  • Langage complémentaire : Or c’est bien la main gauche qui intervient alors qu’elle ne devrait pas. Donc « squeezer » la main droite et dire à l’enfant de se concentrer sur la main gauche qui doit rester de profil et ne penser qu’à elle tout au long du déroulement du tir. Ne pas hésitez à lui imposer oralement sur son premier tir en lui répétant tout au long du geste :  « La main gauche de profil, main gauche main gauche ». Lui dire aussi de faire confiance à sa main droite qui de toute façon, elle, sait envoyer le ballon et le « fera sans lui ».

3- Manque de hauteur dans la trajectoire de balle

Dans le cas d’un tir trop tendu, le ballon « attaque » le panier en butant dans l’arceau. On parle à juste titre d’un problème d’angle de bras et de hauteur trop basse de ceux ci.

  • Langage classique : « Lève ta balle » « Donne de la hauteur »  « Marque sans toucher le cercle » « Tes bras plus haut »
  • Langage complémentaire : Sans jamais parler des bras faites le test : Lui dire : tu es au moyen âge. Tu es une catapulte (le ballon étant le projectile) et l’objectif est de passer par dessus les remparts (l’arceau) pour détruire les soldats dans la ville. Si tu ne passes pas par dessus les remparts la ville ne se rendra jamais. Au bout de X fois ou il rentre dans la ville il gagne. Vous verrez que dés le premier tir vous assisterez à une belle parabole. Tellement belle qu’un air-ball peut s’en suivre mais votre objectif de « montée » de balle est en passe d’être résolu. Il est facile ensuite de demander de régler la « catapulte » pour atteindre la « ville ».

4- Position basse du ballon

Dans la position initiale de tir souvent les enfants ont tendance à mettre la balle trop bas.

  • Langage classique : « Met ton ballon plus haut » « Lève ta balle »
  • Langage complémentaire : Donner l’image suivante. L’enfant est un chasseur. Comment tire le chasseur ? Il suit l’oiseau avec son fusil jusqu’au moment du tir donc hauteur du menton et alignement entre l’œil, le « fusil » (le ballon) et « l’ oiseau »(l’anneau)

En conclusion, votre enfant doit pousser sur ses deux jambes en même temps tout en se concentrant sur la main faible et non celle qui tire. Mais aussi se transformer en chasseur qui doit « détruire » la ville…(joke)

Bien entendu il va falloir leur apprendre techniquement à tirer à une main, monter le ballon et garder les bras en l’air. Mais il se transformera certaines fois plus vite en catapulte ou en chasseur qu’en lui expliquant quel angle les bras , les mains ou les doigts doivent prendre…

3 Commentaires

  1. Saadi

    Salut,

    Oui l’article est très intéressant notamment sur la partie pédagogique chez le public enfant.
    Les mots ont une importance

    Réponse
  2. Benjamin Garreau

    Salut Nicolas,
    Tellement évident la métaphore de l’arc en ciel que j’y avais jamais pensé 😉
    Parfait et merci un moyen supplémentaire de faire passer l’idée.

    Réponse
  3. nicolas

    Excellent article!! En ce qui concerne la trajectoire de mon côté je l’image avec un arc en ciel!! Je leur demande de me dessiner un arc en ciel avec le ballon quand il tire.

    Réponse

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