Coaching feminin : Caractéristiques et particularités

Basket Féminin : Pour quelles raisons merite-t-il mieux

Coaching féminin : Un basket différent, sans l’être !

Le coaching au féminin est particulier, pourquoi ? Parce qu’il est souvent mis à part. Or, certains entraineurs le dénigrent, d’autres le trouvent plus riche que le basket masculin. Mais une chose est sure et reconnue par tout le monde c’est qu’on ne peut gérer un groupe de joueuses comme on gère un groupe de garçons.

Il existe des différences fondamentales entre les hommes et les femmes et celles-ci se retrouvent dans le coaching au féminin. L’entraineur doit s’en préoccuper et anticiper son travail, son fonctionnement et sa démarche en tenant compte des différences dans le fonctionnement du groupe. Je ne sais pas si c’est un métier dans le métier d’entraineur cependant certains en font leur sacerdoce et développent des compétences reconnues et indéniables dans ce beau basket. C’est le cas de Christophe Pontcharraud, responsable du pole féminin de la région Aquitaine et assistant de l’Equipe de France des U18. 

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Voici le détail de son live

Coaching féminin : Les caractéristiques et particularités

Constat sur les différences hommes/femmes

La physiologie

La première différence fondamental est la VO2 max. La 2ème c’est la différence de masse musculaire, l’homme ayant des plus de fibres rapides et donc une masse musculaire plus importante. Par conséquent, les femmes ayant plus de fibres lentes cela engendre moins d’explosivité et moins de verticalité.

L’éducation

Dés le plus jeune âge nous avons des représentation d’une fille et d’un gars. Les filles seraient plus cérébrale, leur réussite étant souvent attribué à leur travail, leur sérieux. Donc les remarques envers les filles sont : fais attention, ne te salis pas, ne te fais pas mal etc…. A contrario, les garçons sont dans la mise en avant d’une représentation de « guerrier » et leur réussite est souvent associé à des aptitudes physiques. Or dans le sport de compétition sont plutôt associé des notions de force, de rudesse et donc peu mises en avant dans la représentation des filles. La perception (et non la réalité) de la féminité étant à l’opposé de ces valeurs la .

La communication

On ne peut parler aux filles comme l’on parle aux garçons car la partie gauche chez les filles lié au langage et sentiment est beaucoup plus utilisé. Donc cela enclenche une forme de discours différents. Le discours masculin va être direct, percue parfois « agressif » et le ton plutôt impératif. Dans la relation homme femme cela peut être interprété comme un manque de respect. Or nous pouvons nous retrouver dans ce cas de figure sur un encadrement par un entraineur masculin. Il faut donc veiller à le prendre en compte. Le discours féminin lui est plus subtil et indirect. Le ton utilisé est souvent le conditionnel.

Le comportement face au sport

Dans l’inconscient les filles pensent ou il leur ai fait pensé que le sport est réservé aux garçons . Il y a donc parfois moins de motivation, la matière EPS est moins valorisé chez les filles par exemple. Enfin les filles ont une estime de soi moins parfois moins importante lié à cette approche culturelle gars / filles. Le besoin de dialogue et d’être rassurée est plus présente chez elles, en conséquence l’affectif et le bien être étant primordial y compris dans le sport.

Coaching féminin : La gestion individuelle et collective

Constats et incontournables

  • La position du coach : il doit être au centre du projet avec un discours empathique et quotidien pour anticiper d’éventuels soucis ou manque de dialogue.
  • La discipline : les filles sont beaucoup plus disciplinés tant individuellement que collectivement. Elles s’expriment à travers le collectif et si il y a du sens à ce que l’on fait. Les filles ont besoin d’un confort et on peut l’obtenir soit par la répétition et/ou la compréhension totale du pourquoi l’on fait les choses.
  • La situation dans le groupe : Il y a un besoin de ressortir l’individu du collectif et d’expliquer clairement ce que l’on attend de cette personne. La transparence du discours est primordiale dés le départ. Il faut être sensible à la place que l’on donne à l’individu dans le groupe
  • Partage émotionnel important : Il faut faire preuve d’empathie et prendre le temps de parler régulièrement. Nécessité d’écouter, d’échanger et savoir ce que la personne ressent.
  • Confiance et estime de soi : La relation avec l’entraineur est importante. Savoir que l’entraineur a confiance en sa joueuse valorise celle ci et permet d’en tirer les meilleures performance. La réciprocité de cette confiance est importante.
  • Consacrer des temps d’échanges avant ou après la séance. Aller au devant et rechercher la communication est une clef à ne pas négliger.

La gestion des conflits

  • Ne jamais laisser les choses sans explications, les situations pouvant venir de choses gardées en soi pour ne pas froisser les relations humaines.
  • S’expliquer sur des choix de matchs.
  • Etre franc et juste
  • Après une séance, retour sur d’éventuelles incompréhensions
  • La joueuse fermée
  • L’amitié entre 2 joueuses

Coaching féminin : Les caractéristiques techniques

Le rapport au collectif

Les garçons peuvent sortir du collectif sur le plan des attentes individuelles pour se mettre en avant. C’est pourquoi les filles vont plutôt faire attention pour ne pas sortir du groupe.

Le collectif est un élément même d’existence dans le basket féminin ainsi les formes de jeu peuvent donc être longue dans le basket féminin. L’efficacité par l’exécution parfaite des choses pour assurer le coté « confort » des joueuses (être rassurée).

Les qualités physiques étant différentes, l’individualisme est moins présent, les initiatives personnelles également. Il y a également moins de coup de gueule à gérer, les filles recherchant à passer par un intermédiaire pour régler le souci.

Les filles peuvent offrir un jeu plus limpide, fluide et collectif que dans le basket masculin.

Coaching féminin : Le travail chez les U11 à U15

Travail physique

  • Différence entre masse musculaire des hommes et celle des femmes
  • Renforcement des ischios et des quadriceps
  • Gainage dynamique
  • Le travail d’appuis
  • Le travail de force :

Travail technique

  • Dissociation segmentaire (conduite de balle et appuis)
  • Travail de dualité : Mettre de l’opposition et du contact dans les situations car les filles vont avoir tendance à le fuir
  • Travail d’adresse uniquement sur des appuis alternatifs (chez les jeunes). De plus le problème de gainage et de posture rendant compliqué les arrêts simultanés
  • Proscrire le tir en suspension chez les jeunes joueuses
  • Conserver des exercices « routiniers » et des exercices commun car les joueuse y trouvent un confort de travail et de l’efficacité.
  • Corriger via le travail d’armer et alignement coude/genou.

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1 Commentaire

  1. david

    Bonjour,
    Cette discussion m’intéresse au plus haut point car je porte justement dans mon club (3ème année) le développement du basket féminin entre minimes et juniors (le club n’a qu’une équipe sénior en féminines depuis des années) , et les jeunes filles jouant dans les catégories plus jeunes mixtes partent vers d’autres clubs ou arrêtent… Cette année, j’ai (enfin) un vrai groupe (20 filles, dont 15-16 bien motivées) et j’organise des matchs + une vraie préparation compétition, dans l’optique d’engager en compétition une équipe de cadettes l’an prochain (avec minimes surclassées), et surclasser les junior pour jouer dans l’équipe sénior. Je précise qu’on a un gros problème de salles dispo, et une certaine réticence au niveau de la direction du club, souvenir de forfaits généraux par manque de combattantes …
    Je souhaiterais savoir quelles sont les « limites » pour l’entrainement des filles, les points que l’on doit travailler plus spécifiquement, et … comment apprendre à une fille débutant à 12-13 ans qu’il faut accélérer et sauter pour faire un double pas 
    Je vais essayer de répondre à quelques questions – de pars mon expérience.
    >>Gilles >> il m’a fallu 4 ans (à moins d’un coup de chance) pour réussir à créer vrai un groupe de 10-15 filles puis l’étoffer, en partant au départ de loisirs mixtes. On est toujours confronté au problème des défections, donc il faut avant tout créer un groupe de copines. Perso j’y ai travaillé en gérant la section loisir. Ensuite, quand des nouvelles arrivent, elles ont envie de rester.
    >> vianney >> Si un vrai groupe de copines est créé, elles restent pour la plupart, car elles ont envie de se retrouver ensembles. Pour ce qui est de l’amitié entraineur-joueuses, là c’est compliqué. il faut beaucoup de psychologie, être à l’écoute, (j’ai une fille de 17 ans, ça m’aide 😉 ) mais aussi savoir être ferme, sinon ça deviens vite n’importe quoi. Je dirais par expérience que chez les garçons, le collectifs est une extension de l’individuel, alors que globalement chez les filles, c’est le contraire. Par contre, pour ce qui est de l’habileté, je ne suis pas d’accord … Force physique oui, mais habileté …
    >>philippe>> A mon avis, tes filles se défonceront en match … quand elles y prendront du plaisir. Perso, je mets l’accent sur la volonté défensive des filles, le score final m’importe peu. On travaille bien sûr l’attaque, mais elles ont des objectifs uniquement sur … le nombre de points encaissés, et surtout l’implication de toutes. Du coup il y a un gros déchet en attaque, mais elles finissent toutes exténuées … et heureuses du travail effectué. Etr sans s’en rendre compte, elles ont fourni un gros effort … individuel 😉 D’ici quelques mois, quand elles battront 2-3 équipes qui les auront battues en ce début de saison, elles n’en seront que plus contentes.
    >>ludovic dupas>> Quand les filles se donnent à fond en défense (individuelle), tu leur fait faire peu à peu la même chose … en attaque. Tu peux te servir de ce qu’elles font bien individuellement en défense pour les aiguiller vers plus d’agressivité en attaque, au début dans les registres qu’elles contrôlent bien … en défense, et donc qu’elles ont compris. Ensuite, les faire échanger sur ces sujets entre elles à l’entrainement. A la fin, tu entendras des phrases du genre « Ahhh c’est pour ça qu’il nous répète ça tout le temps » et là tu pourras montrer un gros sourire de satisfaction.

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